Recevoir le Trophée de l’Innovation LBP AM dans la catégorie GreenTech est une fierté pour toute l’équipe molluSCAN-eye. Mais au-delà de la reconnaissance, ce prix valide un changement de paradigme urgent que j’ai eu l’occasion d’expliquer sur le plateau de Smart Bourse : nous ne pouvons plus surveiller l’eau de demain avec les méthodes d’hier.
Voici pourquoi l’industrie bascule progressivement de la chimie ponctuelle à la biosurveillance continue.
Le problème de la « Photo de Classe »
Comme je l’expliquais au journaliste Grégoire Favet, la méthode traditionnelle de surveillance de la qualité de l’eau repose essentiellement sur des prélèvements physico-chimiques. C’est une méthode précise, normée, mais qui possède une faille majeure : l’intermittence.
Faire un prélèvement chimique, c’est comme prendre une photo de classe une fois par mois. Vous savez exactement qui est là à l’instant T. Mais si une pollution survient le lendemain, ou la nuit suivante, elle passe « sous les radars ».
Dans un contexte où 40% du marché de la surveillance des eaux usées bascule vers le monitoring continu, cette « cécité » temporaire devient un risque industriel et environnemental inacceptable.
La solution : Le film en temps réel (Valvométrie)
C’est ici qu’intervient molluSCAN-eye. Nous ne remplaçons pas la chimie, nous la rendons intelligente.
Notre technologie utilise des mollusques bivalves (huîtres, moules) comme des sentinelles connectées. Ces animaux filtrent jusqu’à 50 litres d’eau par jour. Lorsqu’ils détectent une perturbation (hydrocarbures, métaux lourds, E. coli), ils réagissent immédiatement en modifiant leur comportement d’ouverture/fermeture.
Grâce à nos capteurs de Valvométrie Haute Fréquence Non Invasive (HFNI), nous captons ces micro-mouvements 24h/24 et 7j/7.
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Chimie classique = Une photo floue tous les mois.
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MolluSCAN-eye = Le film haute définition en direct de ce qui se passe sous l’eau.
Pourquoi les industriels comme SUEZ adoptent la solution ?
La biosurveillance n’est plus un outil de laboratoire, c’est un outil d’aide à la décision opérationnelle. Lors de l’interview, j’ai cité notre partenariat avec SUEZ, qui utilise nos systèmes pour surveiller les rejets de stations d’épuration.
Pour un industriel ou un gestionnaire portuaire, l’intérêt est triple :
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Conformité proactive : Anticiper les dépassements de seuils avant qu’ils ne deviennent des infractions réglementaires (Directive Cadre sur l’Eau).
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Économie ciblée : Au lieu de multiplier les prélèvements chimiques coûteux à l’aveugle, on ne déclenche l’analyse que lorsque les mollusques donnent l’alerte (« Biologiquement déclenché »).
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Protection de l’image : Prouver par un tiers de confiance biologique que l’activité industrielle n’impacte pas le milieu récepteur.
Une technologie « Low Tech » mais « High Data »
Ce prix GreenTech récompense aussi la sobriété de notre approche. Nous n’ajoutons pas de sondes complexes qui nécessitent une maintenance lourde. Nous utilisons le vivant, qui a eu des millions d’années de R&D pour perfectionner sa sensibilité à l’eau.
Nous connectons simplement la nature au Cloud. C’est cette alliance entre la biologie marine et l’IoT qui permet aujourd’hui de sécuriser aussi bien les zones portuaires, les prises d’eau potable que les fermes aquacoles.
Envie d’en savoir plus sur nos déploiements ?
Découvrez comment nous sécurisons les ports et les zones industrielles sur notre page [Nos Réalisations]
